A qui profite la guerre nous imposée par les M23? Analyse et Pronostic
Analyse
C’est
vers la fin du mois d’octobre 2022 que les rumeurs circulent : les troupes
militaires étrangères seraient présentes
sur le sol congolais et y exerceraient des activités. C’est au début
du mois de novembre que des offensives vont être lancées sur les
positions des FARDC et ils ont pu tirer sur l’hélicoptère de la MONUSCO où des
contingents périrent suite aux frappes qui leur ont été attribuées. Plus tard, les rebelles du M23, soutenus par le
Rwanda voisin, seront accusés par le Gouvernement
congolais d’être à l’origine de ces tirs et d’occupation d’une partie de son
territoire. En réaction à ces accusations, les rebelles du M23 vont exprimer le
vœu de négocier avec le Gouvernement congolais en revendiquant plusieurs choses
dont leur intégration au sein de l’armée loyaliste. Quelque chose qui ne sonne
pas bien dans les oreilles des autorités au niveau de Kinshasa.
Le
gouvernement congolais n’accepte pas cette demande des M23. Toutefois, ils sont
cantonnés sur les frontières rwando-ougando-congolaises sans oublier que les
deux pays, notamment le Rwanda et l’Ouganda, sont accusés d’être de mèche avec
les M23. Après plusieurs offensives contre l’armée congolaise, les M23 vont
finir par occuper Kitshanga, Rutshuru et certaines parties voisines de ces
cités. C’est ainsi que même le poste frontalier de Bunagana reste toujours sous
leur contrôle faute de présence d’autorité de l’Etat. La partie de Bunagana est
maintenant entre les mains du contingent ougandais qui y est cantonné pour sécuriser la zone dont le contrôle ne
revient maintenant qu’à la force régionale de l’EAC. Est-ce une théorie
complotiste ? Il est un peu difficile de faire comprendre qu’un pays qui
est accusé soit ce même pays qui fasse la sécurité dans une région de sa zone
frontalière. C’est comme qui demanderait au chat de faire la garde des souris.
Lors
d’une interview avec un média international, le Secrétaire général des Nations
unies, Antonio Gutteres, dira que les M23 sont plus qu’un mouvement rebelle et
qu’ils ont des armes sophistiquées que même les contingents de la MONUSCO n’ont
pas. Cette déclaration va tomber dans
les oreilles des Congolais comme un manque de respect aux congolais qui étaient
censés être sécurisés par les contingents onusiens. C’est ainsi que la
population en colère fera la chasse à la MONUSCO de Beni vers Goma. Nul
n’ignore les conséquences qui ont découlé après ces marches Anti MONUSCO. Jusqu’à
preuve du contraire, ils travaillent sous couverts. Les agents de la MONUSCO
sont aussi accusés de jouer le jeu de l’ennemi et sont accusés d’être du côté
du méchant et non du Gouvernement congolais qui les accueille. Des questions
frisent de partout et l’on veut savoir comment la partie qui, au-delà de la
surmilitarisation qui s’observe dans le Nord-Kivu, possède plus de contingents de l’instance
onusienne ne trouve jamais de paix comme leur mandat le veut. Ces genres de
question ont leur place et nécessitent, de vive voix, des réponses
adéquates ; mais aucune réponse plausible n’a jamais été fournie. Voilà comment la population a commencé à
douter du mandat de la MONUSCO et tout le monde veut en savoir plus. Est-ce que
cela a été exaucé ? On ne sait pas nier tout comme on ne sait pas affirmer.
Revenons
à l’insécurité relative aux M23. Selon les officiels congolais, Kigali a
poignardé Kinshasa au dos ; car le Président congolais, Félix Antoine
Tshisekedi, a accueilli de bon cœur son homologue rwandais à bras ouvert, mais
l’hypocrisie a gagné le dessus. La rupture des relations diplomatiques entre Kigali et
Kinshasa advient sans que Kigali ne dise mots. C’est maintenant le bras de fer
entre les deux nations ; une campagne de diabolisation est lancée à
l’encontre du Congo, selon laquelle la RDC veut décimer les Tutsis vivant en RDCongo par
l’intermédiaire des FDLR qui est un mouvement d’autodéfense contre le
gouvernement en place depuis les années 1994 lors du génocide rwandais. Par
ailleurs, le gouvernement rwandais oublie qu’il avait géré une bonne partie du
Nord Kivu par l’entremise du CNDP aujourd’hui fractionné en M23 pendant de
bonnes années sans se soucier de leurs compatriotes FDLR. Est-ce parce qu’ils
étaient présent sur le sol congolais pour d’autres objectifs ? Nous aurons
une lanterne de réponse sur cette question avec le temps.
Comme
je l’ai souligné ci-dessus, vers octobre de 2022, les incursions du M23 sont
récurrentes car les rebelles veulent à
tout prix prendre la province du Nord Kivu comme c’était le cas en 2012 – 2013.
Ils vont gagner du terrain en s’accaparant certaines parties nord de la
province dont le Bunagana et les territoires voisins. Ils ont tenté de
déstabiliser çà et là, mais la donne a changé d’allure car là où le Gouvernement
est lent à agir, la solidarité nationale pousse les officiels à faire quelque
chose ; tel est le cas des résistants ou réservistes qui ont pu chasser de
force les rebelles du M23 dans la partie ouest, dont le Rubaya, Sake, Mwesso,
etc. Le gouvernement va alors signer des partenariats avec d’autres aides
militaires étrangères qui se font passer pour des FARDC pour venir à la
rescousse du pays.
C’est
l’heure de la diplomatie et il faut faire entrer en jeu les différents accords,
mais les M23 et les alliés dont le Rwanda qui est cité dans beaucoup de
rapports ne lâchent pas prise et ne respectent pas les différents accords
signés entre les pays de la région sous l’égide de l’ancien président Kenyan,
Uhuru Kenyatta, à Nairobi, ainsi que les accords de Luanda. Les M23 ainsi que
le gouvernement rwandais ont saboté la communauté internationale, l’union
africaine, les instances régionales, etc. Pourquoi le Rwanda s’entête-t-il
jusqu’à ce point ?
Revenons
un peu aux M23 en 2013. En effet, le M23 qui était une faction du RCD qui avait
signé un accord avec le Gouvernement congolais. Cet accord stipulait que le
pays devrait intégrer la Communauté de l’Afrique de l’Est. Ce que le président
à l’époque n’avait jamais ratifié et n’avait pas voulu adhérer à la CAE ;
on ne connait pas très bien les raisons du refus d’adhésion. Le Président actuel,
Félix Antoine Thisekedi, avait tenté au
début à l’époque du feu Magufuli alors président de l’EAC, mais ce dernier lui
demanda d’aller d’abord résoudre certains problèmes de son pays avant de
pouvoir intégrer l’EAC.
Ce
n’est qu’après son décès que la RDC pourra intégrer l’EAC avec la bénédiction
de Kagame. Une bonne nouvelle pour la population de l’Est de la RDC, mais qui
ne va pas durer longtemps car ceux qui avaient voulu l’adhésion dix ans avant
vont refaire surface et c’est le chaos qui règne jusqu’à présent dans la partie
orientale du pays notamment au Nord Kivu qui est de fois le théâtre des
atrocités il y a des décennies déjà.
Après
le nord, les M23 font tout faire pour arriver en ville de Goma afin qu’ils
prennent la ville, mais les forces de défense congolaise ne les lâchent pas
d’une minute. Ils tentent plusieurs fois, mais leurs efforts sont vains. C’est ainsi qu’il sera mis en place une force
régionale car les M23 sont une affaire régionale et sur ce, elle doit être
résolue au niveau régional. C’est à la force régionale de l’EAC que les parties
occupées par les M23 depuis novembre 2022 seront cédées. Tout en croyant que
les hostilités vont finir, les choses s’empirent et les populations organisent
des marches anti force régionale EAC car le peuple est dépassé des événements.
D’une part, les soldats kenyans sur le sol congolais disent venir en secours
aux FARDC, mais d’autre part en réalité, on ne sent pas cela à cause des
combats incessants.
Pronostic
A
l’allure où vont les choses, les M23 peuvent entrer dans la ville de Goma à
n’importe quel moment, car par exemple, le fait qu’ils mènent déjà les
offensives à 27 km de la ville dans le Sake ou à 16 km dans le Kibumba ;
c’est fort probablement qu’ils aient déjà les leurs au sein de la population
qui attendent que le signal soit lancé afin qu’ils prennent les armes pour
chasser les autorités gouvernementales.
Déjà
avec les armes qui ont été ravies au contingent de la MONUSCO par les déplacés
de Kanyarucinya, on ne sait plus préserver le pire. A tout moment tout peut
advenir et la ville est entre les mains des rebelles.
Sur
le plan économique, c’est déjà un calvaire car le poste frontalier qui
provisionnait les commerçants de Goma est sous contrôle de l’ennemi et donc
tout est revu à la hausse puisque tout doit être déclaré deux fois avant de
parvenir à Goma. Alors toute marchandise en provenance de l’Afrique orientale,
de la Chine, Inde, Dubaï, Asie, etc. doit transiter par Kigali qu’on le veuille
ou pas. Voilà donc l’avènement d’une guerre économique qui ne dit pas son mot.
Sur
le plan humanitaire, il y a un problème très grave à cause des rumeurs qui
circulent déjà de la part de certains acteurs de la société civile. Ils disent
que les villages qui sont vidés de leurs habitants sont en train d’être habités
par des personnes inconnues qui viennent du Rwanda. Est-ce le plan de la
balkanisation que l’ennemi est en train de jouer ? Si jamais les choses
redevenaient normales, les habitants et propriétaires retourneront chez eux et
rencontreront leurs domiciles occupés par de nouvelles personnes. Un danger
humanitaire et démographique se vit.
Sur
le plan politique, les deux nations ne font que s’entraccuser et se défendre
selon qu’elles peuvent. Tout en n’oubliant pas que le jeu se joue au niveau des
instances supérieures dont les pays industrialisés, les multinationales qui ont
une main noire sur les terres congolaises. C’est ainsi qu’on se poserait la
question, à qui profite réellement la guerre à l’Est du Congo en particulier et
du Congo en général ?
Sur
le plan social, il y aura un désavantage du point de vue sociétal car les
ethnies que l’on rencontre au Congo sont nombreuses et peuvent entrainer une
inquiétude parce qu’il est des ethnies à morphologie rwandaise qui habitent au
Congo depuis belle lurette.
Connaitre
la date que les M23 peuvent entrer dans la ville est très compliqué car les
infiltrés sont nombreux dans les instances décisionnelles au Congo et ainsi au
sein de la population tant que personne ne contrôle assidument les artères
d’entrée et aussi par la présence de la surpopulation dans les villes nouvelles
qui accueillent beaucoup d’émigrés et d’autres qui achètent à des prix
exorbitants des terrains arables. Est propriétaire d’un terrain celui qui
possède la terre. C’est cela même la
force d’un pays s’il veut accroitre sa gestion de la cité ; il lui faut
avoir une main mise sur les terres de sa juridiction, tel que nous le décrit la
loi foncière.
Good job bwana
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